
Quel kif d’accueillir et d’accompagner un homme qui vient se faire masser pour la première fois et qui stresse comme pas possible !
C’est toujours un sacré plaisir et une belle surprise d’accueillir des gens qui ne se sont jamais fait masser, jamais vraiment touché, jamais vraiment accompagné de cette manière là.
Un genre de challenge bien motivant (pour moi).
Le toucher étant assez spécial chez les hommes et le rapport avec le corps est toujours un peu particulier sans parler de la nudité partielle que certain ont (vraiment) du mal à bien gérer.
En dehors du kiné une fois de temps en temps, de l’ostéo une fois par an (et encore), il est plutôt rare de se faire manipuler et de prendre soin de soi par le toucher et le massage.
Du coup, on a bien pris le temps de discuter, pour comprendre ses motivations, les possibles de mes approches, de mon travail, de mon univers.
Il a eu milles questions, milles doutes mais il est quand même resté et a poursuivi l’expérience jusqu’au bout ! Et il a survécu apparemment et semble même en redemander.
Même s’il n’est jamais simple de se laisser aller dans les mains de quelqu’un d’autre, surtout quand on ne connaît pas et que l’on ignore comment on va réagir, comment notre corps va réagir.
Ces petits grognements de plaisir quand on travaille une zone de tensions dans le dos et la nuque … particulièrement révélateur puisque ces inconforts sont installés depuis bien longtemps.
Pas besoin de s’excuser non plus,
il suffit juste de laisser-aller et d’apprécier …
Vous êtes là pour ça ! Alors autant en profiter et continuer. Cela me permet de mieux vous comprendre, de mieux cerner votre corps et sa situation du moment. Ses tensions, ses douleurs, ses possibles.
Parfois, je vous vois vouloir m’aider, consciemment ou non, en levant une jambe, un bras ou la tête mais ce n’est pas nécessaire. C’est moi qui travaille, vous vous n’avez qu’à profiter comme si vous étiez à la plage à vous relaxer autant que possible.
Votre poids m’aide à mettre plus de pression et d’être encore plus en contact alors si vous m’aidez en vous faisant tout léger, vous allez à l’encontre de mes intentions … c’est contre productif.
Vous n’avez vraiment … rien à faire !
C’est moi qui m’occupe de tout.
Puis est venu ces petits ronflements, ces petits bruits de salive retenus … de bons indicateurs que les choses se passent bien.
J’aime sentir qu’une personne s’abandonne et que le corps lâche doucement sa retenue, sa carapace, sa rigidité et ses tensions. C’est tellement rare dans notre société et notre culture.
Il faut toujours être un roc, un mastodonte du genre qui fait toujours bonne figure et qui est capable d’être parfait. Mais mes mains ne se trompent jamais … je sens, je sais ce que j’ai sous le main.
Une personne, une âme, une boule d’émotions, de rêves, d’espoirs et d’attentes envers tout et n’importe quoi. Mais surtout envers la vie et l’envie d’être simplement bien, dans ce moment, la suite.
Puis vient le sourire de la fin … c’était trop court !
Oui je sais, je donne simplement l’envie de revenir. Comme ce plat préféré où l’on est prêt à faire des kilomètres pour le retrouver, pour en profiter, pour enfin se rappeler de ce goût précis.
Ce moment de présence et d’appréciation.
Ils sont bien trop rares dans nos vies, du coup, on compense comme on peut. Par de petits plaisirs ici et là, de temps en temps. C’est déjà mieux que rien mais tant mieux si je participe à tout ça !
Le debrief de fin a été très court car tu n’as presque pas parlé. Une belle différence avec le début où tu posais milles questions. Là, tu respires doucement, tu prends le temps, tu savoures l’instant.
Et loin de moi l’envie ou l’idée de te sortir de ce moment.
Alors je te laisse aller avec ça, tranquillement.
On se revoit le mois prochain.
Tu souhaites être régulier.
Cela change vraiment.
Merci à toi.
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